Du plantain pour les chenilles de papillons !

Le 09.05.2017
Par: 
Lisa Garnier
Catégorie:
Plantain lancéolé © Robert Klips | Flickr

Le plantain lancéolé (Plantago lanceolata) est en passe de devenir l’emblème du programme Florilèges-prairies urbaines, le suivi de la végétation des prairies urbaines proposé aux gestionnaires des espaces verts ! Et c’est tant mieux puisque ce cher plantain est utile à bien des égards.

Du plantain dans les prairies

C’est par exemple sous ses feuilles que pondent les femelles de plusieurs espèces de mélitées. Après l’éclosion, les chenilles assez voraces n’en laissent que les nervures... mais qu’importe ! Le plantain n’est pas cultivé alors adoptez-le pour les chenilles !

Une plante nourricière

Le plantain nourrit aussi les oiseaux. Les fringilles, que sont les verdiers et les chardonnerets, en apprécient les graines. Et puis, on l’oublie, mais le plantain est utilisé depuis la nuit des temps comme plante condimentaire et médicinale !

Mélitée du Plantain (Melitaea cinxia) © Rob Blanken

Le plantain dans Florilèges-prairies urbaines

Bref, le plantain, c’est l’espèce la plus observée parmi les 274 identifiées dans les prairies urbaines (lire ici pour savoir ce qu’est une prairie). « Cette année, 149 sites ont fait l’objet d’un suivi Florilèges, soit une trentaine de plus que l’année dernière » m'ont raconté enthousiastes Zoé Clément et Audrey Muratet, animatrices du programme (Zoé au Muséum national d'Histoire naturelle, Audrey à Natureparif). 

Adoptez la chenille de la Mélitée du Plantain  © Jaroslav Kaas | Flickr

Bientôt le bilan 2016 !

Les deux compères sont en train de préparer le bilan 2016 avec leurs collègues, Charlotte Rouchon  de Natureparif, Gaëtan Duhamel et Marianne Hédont de Plante & Cité, Jérémy Détrée du Conservatoire botanique national du Bassin parisien et Laura Albaric du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis. Il paraîtra sur le site Florilèges-prairies urbaines le 22 mai 2017. Save the date !

Suivre les prairies pour leur biodiversité

Audrey et Zoé se réjouissent d'observer que l’objectif des pratiques de gestion évolue puisque les participants essayent d’avoir plus d'espaces pour accueillir la biodiversité. Si 57% des sites étaient auparavant entretenus en prairie pour la biodiversité. En 2016, cette motivation a grimpé à 87%.

Chardonneret élégant dans une prairie © Dave N Roach | Flickr

Des moutons, des vaches et des chèvres dans les villes

« Les années précédentes, conserver une prairie était surtout une façon de réduire les coûts d’entretien et une manière d’introduire une esthétique naturelle » m'a dit Zoé. « Certains expérimentent le pâturage en ville. C’est, par exemple, le cas du Parc des Beaumonts situé dans la commune de Montreuil en région parisienne ». 

Plus d’espèces végétales lorsque la prairie est pâturée

« La prairie pâturée semble favoriser le nombre d’espèces végétales » a ajouté Audrey. « On trouve en moyenne trois espèces de plus dans une prairie où vagabondent des moutons ou autres herbivores que dans une prairie fauchée ».

© DNPB-CD93

Une fauche tardive et unique est à favoriser

« Tout semble montrer que les prairies fauchées tardivement et une seule fois dans l'année sont majoritaires » a indiqué Zoé. Cela tombe bien, ce sont les plus respectueuses de l’écosystème !

D’ailleurs au vue de la bonne santé du plantain, cela ne doit pas lui déplaire non plus!  

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Lisa Garnier, le mardi 9 mai 2017

Contact : lisa.garnier@mnhn.fr

 

 Special Thanks au photographe professionnel Rob Blanken !!! Son site ici

AGENDA

Gestionnaires d'espaces verts, venez observez le plantain de plus près en vous inscrivant à une formation ici. Elles ont lieu en région parisienne mais sont ouvertes à la France entière.

Voici le tutoriel vidéo qui explique comment se déroule une formation :


Tutoriel Florilège par Seine-Saint-Denis