3 Questions à

Le 07.05.2018
Par: 
Hugo Struna
Catégorie:
Rose-Line Preud'homme

3 Questions à Rose-Line Preud’homme

Coordinatrice de l'Observatoire Agricole de la Biodiversité

 

 

Quel est ton rôle à Vigie Nature ?

À Vigie Nature, je coordonne le volet à destination des professionnels du milieu agricole appelé l’Observatoire Agricole de la Biodiversité (OAB). Comme pour les autres chefs de pôle, j’anime l’observatoire, je réalise des formations pour les animateurs. Mon rôle consiste également à suivre les participants et à réaliser des lettres d’informations à leur intention. Je réponds aussi à leur sollicitation pratiquement quotidienne. Enfin, il m’arrive d’aller sur le terrain mais essentiellement afin de former les agriculteurs aux protocoles spécialement conçus pour eux par Vigie-Nature. Il s’agit d’un moyen pour moi de rencontrer certains d’entre eux. L’autre moyen d’être à leur contact réside dans les colloques et les séminaires autour des thématiques du milieu Agricole et de la Biodiversité où il m’arrive de me rendre.

 

Selon toi, comment Vigie Nature fait évoluer la perception de la biodiversité sur les participants ?

Plusieurs études en sciences sociales sur la participation dans les sciences participatives ont montré que la participation apportait un changement de regard sur la biodiversité. En effet, certains agriculteurs n’avaient pas forcément conscience de la faune et de la flore qu’il y avait sur leurs parcelles, en termes d’insectes par exemple. C’était assez intéressant.

Forcément, comme c’est un programme de sciences participatives, les observateurs sont souvent déjà sensibilisés sur ces questions. Alors oui, il y a souvent des changements de pratiques, regards mais… parce qu’il existe déjà une prise de conscience avant la participation. Cette prise de conscience s’accompagne souvent d’actions concrètes. Par exemple, un agriculteur a dit un jour qu’il avait laissé des plantes en fleur sur les bords des champs parce que c’était plus favorable pour les insectes.

 

Comment imagines-tu Vigie Nature dans 10 ans ?

 

Une recrudescence de participants ! Et que cette augmentation d’observations s’accompagne d’un changement de regard et de pratiques des agriculteurs. Qu’une réelle prise en compte de la biodiversité se fasse notamment, par exemple, par une diminution de l’utilisation des pesticides. Il serait également bien que nous, le Muséum, nous puissions faire plus de retours vers les observateurs. Nous avons, en effet, du travail à faire en termes d’animation, pour restituer les résultats. Dans 10 ans, l’idéal serait de réaliser des retours plus personnalisés et plus réguliers auprès des participants et ainsi instaurer plus d’échanges.