Observer la nature : un premier pas pour la protéger ?

Le 13.06.2016
Par: 
Lisa Garnier
Catégorie:
Tarier pâtre © Sergei_30 | Flickr

« S’envisager comme quelqu’un ayant le pouvoir et l’envie de faire quelque chose pour la nature, c’est déjà faire un premier pas vers sa protection » Ces termes sont ceux de la professeure américaine Susan Clayton, psychologue et spécialiste de l’environnement, en visite dans notre laboratoire Cesco.

Psychologie et nature

En tant que chercheuse en psychologie, Susan travaille sur une spécialité peu répandue en France, la psychologie de la conservation. Une discipline qui se base sur le fait qu’en villemais pas que – les générations n’expérimentent plus la nature et s’en trouvent détachées, coupées. Pour rappel, relisez Les films Disney ne sont plus ce qu’ils étaient ! ici.

Tourterelle turque © Jean-Luc Leopoldi | Flickr

Comprendre les relations humaines avec la nature

Or, « les personnes sont inséparables de leurs milieux naturels » pense Susan. « Comprendre comment elles interagissent avec eux et l’expérimentent est crucial pour promouvoir un environnement durable et le bien-être des populations ».

La psychologie de la conservation

« La psychologie de la conservation est née dans les années 2000, l’idée était de montrer que la psychologie a un rôle dans la conservation de la nature. Dans le domaine de la consommation d’énergie par exemple, il a été montré que les personnes baissent leur consommation si vous leur dites qu’ils consomment plus que leurs voisins. Vous pouvez plus motiver les gens à recycler et à prendre les transports publics si vous avez compris leur comportement, leur psychologie ».

 

Fais-je partie de la nature, un peu, beaucoup ou pas du tout ?

« Pour ma part, je cherche à savoir comment on développe sa propre identité environnementale. On peut se trouver tout à fait intégré à la nature comme complètement séparé avec tous les intermédiaires possibles. Est-il possible de faire évoluer cette identité ? »

© Lisa Garnier & Aurélie Froger | MNHN

 

Nature, partage et bien-être

« Ce qui m’intéresse particulièrement, c’est comment nos relations sociales dans la nature agissent sur cette identité environnementale. Une journée dans un parc avec votre famille, vos amis contribue à façonner vos souvenirs grâce aux émotions, généralement positives, que vous avez ressenties. Le plus souvent, c’est un sentiment de bonheur et de relaxation. »

Les zoos comme terrains d’étude

« C’est pourquoi mes travaux prennent place dans les zoos où la rencontre avec les animaux se fait en famille et où il est aussi question de conserver des espèces en danger. Leur rôle éducatif est important aux yeux des visiteurs. Une étude (ici) l’a d’ailleurs confirmé : sur 26 zoos répartis dans le monde entier, les visiteurs (plus de 5700 ayant répondu au questionnaire) en ressortent avec une meilleure connaissance de la biodiversité. » Susan co-encadre d’ailleurs les travaux d’Agathe Colléony, doctorante au Cesco, qui portent sur le rôle des zoos dans la motivation des citadins à s’intéresser à la biodiversité. On en reparlera....

© Lisa Garnier | MNHN

Psychologie et changement climatique

Susan ne s’intéresse pas qu’aux zoos puisque l’année dernière elle a publié avec plusieurs collègues un article portant sur les recherches en psychologie lié à un thème bien connu dans la conservation de la biodiversité : le changement climatique (ici). Pour elle, il est important de comprendre la perception du public sur le changement climatique afin d’éviter des décisions politiques qui pourraient s’avérer inefficaces en raison d’incompréhensions sur les comportements humains.

© Mr Ree | Flickr

Et nos observatoires de la nature ?

Enfin, puisque nous sommes un laboratoire de sciences participatives, que pense-t-elle de nos observatoires ? Sans conteste « c’est un tremplin pour apprendre à faire attention à la nature » !

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Lisa Garnier, le lundi 13 juin 2016

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