Sauvages de ma rue, une activité à deux

Le 16.09.2013
Par: 
Lisa Garnier
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Photo lauréate du défi photo "Flore urbaine" organisé sur le réseau Tela Botanica|Crepis taraxacifolia Thuill.©Claude Virloire (CC-by-SA)

Interview de Julie, 30 ans, observatrice du programme Sauvages de ma rue et de l'Opération cymbalaire

 

Comment as-tu connu le programme Sauvages de ma rue?

Une très bonne amie, enthousiaste pour le programme, m'a initiée il y a quelques années. Elle m’a fait découvrir le site internet et m’a même donné les fiches de terrain. J'ai trouvé l'initiative géniale et je m'y suis mise.

 

Es-tu botaniste ?

Non, mais dans ma famille, on est familier avec les plantes sauvages. J'ai appris à avoir l’œil et l'expérience. Je me suis rendu compte à quel point on perd ces connaissances au fil des générations. Mon grand-père connaissait extrêmement bien les plantes sauvages. J'ai l'impression de n'avoir conservé qu'une petite partie (les plantes potagères et les fleurs) de son savoir. C'est dommage. Ce serait bien de le reconquérir. Les plantes sauvages, c'est notre environnement, au même titre que les voitures, les habitations, etc.

 

As-tu saisi tes données sur le site internet Sauvages de ma rue ?

Non. A l'époque, je n'ai pas compris comment les transmettre au site et je me posais beaucoup de questions sur la responsabilité que cela me donnait. Est-ce que cela m'engageait pour l'avenir ? Fallait-il que je suive toujours les mêmes rues ou pouvais-je faire comme bon me semblait ? Je n'ai donc jamais rentré mes données.

 

Et maintenant ?

J'ai compris que ce n'est pas un engagement, que je peux suivre le programme comme je le souhaite et que toute donnée est intéressante pour les chercheurs. Mais ce n'est toujours pas moi qui rentre les données sur internet. Au travail, je passe mes journées devant un ordinateur à faire des recherches, organiser des plannings, remplir des tableurs, faire de la comptabilité... Je n'ai donc pas du tout envie de me connecter et de réaliser ce travail de saisie informatique. Finalement, c'est mon compagnon qui effectue l'étape de la saisie. Par contre, j'ai beaucoup aimé jouer avec le logiciel Flora Bellisima pour tester mes connaissances botaniques.

Coquelicot©Nathalie Machon|MNHN

C'est donc une activité en binôme ?

Oui. Ce que j'aime c'est aller dans la rue, découvrir une plante que je ne connais pas et de la chercher dans le guide Sauvages de ma rue pour la trouver et la nommer. J'ai le livre avec moi tous les jours. C'est mon guide personnel. Selon les jours, et mon humeur, je fais de la détermination. L'opération cymbalaire m'a d'ailleurs beaucoup plu ! C'est une plante que j'avais vue des milliers fois sans en connaître le nom. Et j'ai appris à la chercher. Elle fait tellement partie du paysage qu'on ne la localise pas. Tout l'enjeu était de la trouver. Et ça, c'était super sympa.

 

Un peu comme un jeu de piste?

Oui. Je me disais « elle est plutôt à l'ombre », « en hauteur mais pas toujours ». Dans cette rue, il y a de l'ombre, je vais tenter de la dénicher. J'ai fait toutes les mesures de la taille des pétales en rentrant de mon travail par des rues plus ou moins sympathiques. D'ailleurs, cela ne passe pas inaperçu de se promener avec une règle graduée... J'ai dû expliquer aux gens ce que je faisais. Cela m'est aussi arrivé pour Sauvages de ma rue, lorsque je tournais frénétiquement les pages de mon guide pour nommer la plante énigmatique que j'avais en face de moi.

 

T'es-tu mise à la place d'un chercheur ?

Non, je n'ai pas été jusque là. Je n'ai même pas tenté de comprendre pourquoi il fallait faire ces mesures. Mais à mon échelle, je me suis posé des questions. En mesurant les pétales des cymbalaires, je me suis demandé si je pouvais noter une différence de taille entre trois ou quatre plantes. Mais je n'ai rien vu qui sautait aux yeux. Sauf que sur la même plante, les pétales étaient plutôt similaires et qu'entre les plantes, c'était variable. Et puis qu'il y avait des variations de taille des cymbalaires selon l'endroit où elles poussent.

 

As-tu envie de partager tes recherches ?

Pour moi, c'est un partage humain. Je n'ai aucune envie de partager cela par internet. Mais sans le programme Sauvages de ma rue, je ne me serai pas mise à apprendre à reconnaître les plantes sauvages de Paris. C'était une très belle occasion : utile à quelqu'un et instructif et ludique pour moi !

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Lisa Garnier, le lundi 16 septembre 2013

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Liens :

 

Pour apprendre à reconnaître la flore de France, Tela botanica a édité un logiciel de reconnaissance des plantes : Flora Bellisima (29€)