Comment estimer la biodiversité d'une ville grâce au protocole Vigie-Nature : le cas d'Orléans.

Le 24.02.2014
Par: 
Lisa Garnier
Catégorie:
Paon du jour © Anne Trouillon

Il y a quelques semaines, je vous présentais les résultats d'une étude de 2008 sur la biodiversité de la ville d'Orléans à partir des protocoles de Vigie-Nature. Vous attendiez la suite ! La voilà.

A l'écoute

Pour l’étude des oiseaux et des chauves-souris, Anne-Laure Gourmand, l'auteur de l'étude, a suivi le protocole du Suivi Temporel des Oiseaux Commun et du Suivi des Chauves-souris Communes. Il consiste à réaliser des points d’écoute de 5 minutes des chants d’oiseaux (le jour) et des cris de chauves-souris (la nuit). Cela a été réalisé sur l'ensemble de la ville d'Orléans, aussi bien à l’intérieur des parcs qu’en dehors.

Des poils et des plumes

Je ne m'attarderai pas ici sur les espèces locales de la ville que vous pouvez également trouver dans la nouvelle brochure de la ville ici. Mais il est intéressant de noter que des espèces d'oiseaux « quasi menacées » étaient recensées : telles que le pouillot fitis, le moineau friquet et la fauvette grisette. Concernant les chauves-souris, Anne-Laure a découvert que la ville présentait une forte diversité : 15 espèces y sont désormais recensées. Pour les données sur la biodiversité actuelle : c'est ici.

Parc floral d'Orléans © Julie Danet

Les parcs sont-ils des îlots de biodiversité ?

Un des intérêts de l'étude d'Orléans était de croiser les relevés pour les différentes espèces, des papillons aux chauves-souris. Cela a été réalisé dans quatre des jardins publics : le Parc de l'étuvée, le Parc Pasteur, le Jardin des plantes et le Parc floral (vous trouverez une jolie carte des parcs ici en page 6-7). L'autre intérêt était aussi de pouvoir comparer la biodiversité aux alentours des parcs avec celle vivant à l'intérieur de ces derniers.

La variété appelle la variété

Plus les alentours sont riches et connectés avec le parc, plus celui-ci est riche. Mais la richesse des parcs dépend aussi de leur configuration, de leur surface, de leur milieu environnant (bâti, par exemple) et des corridors écologiques avec l’extérieur du parc. Les jardins localisés en milieu très urbanisé (Parc Pasteur, le Jardin des plantes) présentent une biodiversité assez identique à celle vivant aux alentours. Leur structure paysagère est très maîtrisée et la pression de gestion est forte, ce qui laisse une faible place à la faune et la flore sauvage. Le parc de l’étuvée, qui est de surface égale au Parc Pasteur et au Jardin des plantes (4ha), présente en revanche, une richesse en espèces plus importante par rapport aux alentours. Son atout ? Il possède une variété de milieux naturels : prairies, bois, fourrés, mares qui peuvent faire le lien avec la biodiversité proche du parc. Enfin, les 33 hectares du Parc floral jouent en faveur d'une biodiversité riche.

Récap

L'étude d'Anne-Laure a également permis de répartir la diversité des espèces dans la ville dont voici la carte :

Je ne vois pas l'intérêt de vous la commenter, ni de vous expliquer ce qu'elle implique en terme de gestion de la biodiversité. Je vous laisse le découvrir dans le rapport d'Anne-Laure et dans le Plan Biodiversité, premier document stratégique adopté à l’unanimité en conseil municipal en 2009.

En revanche, je suis enthousiasmée par le croisement des protocoles de Vigie-Nature, complémentaires les uns des autres. Cela a été réalisé dans une ville, la suite logique sera de vous rapporter la démarche du département de la Seine-et-Marne (77). On en reparle !

Le post du lundi fait une pause. Retour le 10 mars.

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Lisa Garnier, le lundi 24 février 2014

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Vous trouverez ici, le rapport d'Anne-Laure Gourmand, présentant les études de la nature en ville en 2008. Depuis la ville a élaboré d'autres programmes d’actions (comme le programme biodiversité en ville, la charte de l’arbre, la charte zéro pesticide) et les données ont été capitalisées et intégrées au Plan local d'urbanisme en septembre 2013.