2016 : l'Opération Papillons fête ses 10 ans !

Depuis 2006, des bénévoles scrutent régulièrement leurs jardins et comptent les papillons : ils contribuent à l’Opération Papillons, notre observatoire en partenariat avec l’association Noé. Grâce aux nombreuses données envoyées par ce réseau d’observateurs, les chercheurs de Vigie-Nature peuvent suivre l’évolution des populations de papillons. Bilan de 10 années de collaboration entre amateurs et chercheurs.

Demi-deuil © Jean-Claude Gérard

Pourquoi observer les papillons ?

La grande diversité et les exigences écologiques variées des papillons leur confèrent un rôle d’indicateurs de la qualité des milieux naturels et donc de la santé de nos écosystèmes. Les données récoltées sur du long terme via l’Opération Papillons ont pour objectif de mesurer les effets des activités humaines (agriculture, urbanisation, réchauffement climatique, etc.) sur ces espèces et de comprendre finement les facteurs mis en oeuvre afin de pouvoir limiter ces impacts (mesures de conservation, politiques environnementales, changements de pratiques).
 

Un million et demi de papillons sont de la fête

L’Opération Papillons a pris son envol en 2006, connaissant un succès immédiat. Et le bilan 10 ans plus tard est plus que positif : 10 035 volontaires ont fourni des données pour cet observatoire de la biodiversité, soit 1 519 710 papillons dans près de 12 000 jardins différents ! Depuis 2010, le volume de données récolté est devenu suffisant pour être exploité, ce qui permet à nos chercheurs de réaliser une étude scientifique par an.
 

L’effet Opération Papillons : déjà cinq études scientifiques publiées

Cinq études ont ainsi été publiées dans des revues scientifiques internationales : elles confirment et mesurent précisément les effets de l’urbanisation (1, 2)  et de l’utilisation de pesticides dans les jardins privés (3) sur les populations de papillons.

C’est grâce à l’accumulation d’un nombre très important de données que les chercheurs ont également pu réaliser une étude sur l’impact de l’aménagement du paysage (4) dont les résultats sont pour le moins inattendus. En effet, si les habitats (prairies, lisières, forêts…) constituent bien la contrainte la plus importante pour l’accueil des communautés de papillons en milieu urbain, c’est la capacité de déplacement des diverses espèces qui détermine leur potentielle occupation des milieux, même lorsque ceux-ci sont hospitaliers. Ainsi, en ville, les espèces peu mobiles comme le Soucis ou le Cuivré ne colonisent pas les milieux qui leur sont a priori accueillants. À l'inverse, celles montrant de fortes capacités de vols comme les Piérides, le Paon du jour ou la Petite Tortue composent l'essentiel des communautés de papillons en milieu urbain.
 

Participer à l'Opération Papillons, c'est changer de regard sur la nature

La dimension éducative de l'observatoire a aussi été étudiée : l’observation des papillons peut entraîner des modifications de comportements, encourageant entre autres des pratiques de jardinage plus favorables à la biodiversité (5). Ainsi, 85% des personnes interviewées annoncent avoir des pratiques de jardinage plus bénéfiques aux papillons, comme la plantation d’espèces de fleurs nourricières, la réduction du recours aux pesticides et de la fréquence de la tonte, ou encore la création de zones en friches.
 
L’augmentation du nombre de participants à l’Opération Papillons est donc un enjeu essentiel pour mieux connaître les papillons et comprendre l’impact des changements en cours mais aussi pour faire évoluer notre regard sur la nature. 
 
Des ateliers « Opération Papillons » seront proposés lors de la Fête de la Nature dans le Jardin des Plantes, le week-end des 21-22 mai (stands n°s 17 et 19). Et à la mi-juin, pour faciliter la participation de tous, un nouveau guide détaillant les espèces de l’observatoire sera proposé en téléchargement gratuit sur le site !
 
 
  • Articles scientifiques publiés :
  1.  Bergerot, B., Fontaine, B., Renard, M., Cadi, A., & Julliard, R. (2010). Preferences for exotic flowers do not promote urban life in butterflies. Landscape and Urban Planning, 96(2), 98-107.
     
  2. Bergerot, B., Julliard, R., & Baguette, M. (2010). Metacommunity dynamics: decline of functional relationship along a habitat fragmentation gradient. PLoS One, 5(6), e11294.
     
  3. Muratet, A., & Fontaine, B. (2015). Contrasting impacts of pesticides on butterflies and bumblebees in private gardens in France. Biological Conservation, 182, 148-154.
     
  4. Olivier, T., Schmucki, R., Fontaine, B., Villemey, A., & Archaux, F. (2015). Butterfly assemblages in residential gardens are driven by species’ habitat preference and mobility. Landscape Ecology, 1-12.
     
  5. Cosquer, A., Raymond, R., & Prevot-Julliard, A. C. (2012). Observations of everyday biodiversity: a new perspective for conservation? Ecology and Society,17(4), 2.