Année 2006

L’équipe

En 2006, une petite équipe d’observateurs très motivés s’est constituée pour tester le protocole de suivis des chauves souris communes, qu’ils en soient tous chaleureusement remerciés :

Karine Ancrenaz, Franz Barth, Joël Bec , David Becu, Yannick Bernicot, Pierre Chico-Sarro, Pascal Cavallin, Yves David, Guy Derivaz, Nicolas Flamant, Cyrille Frey, Anne Sophie Gadot, Laurent Gager, Yann Gager, Miguel Gailledrat, Antoine Griboval, Benjamin Guyonnet, Cécile Hignard, Colette Huot-Daubremont, Jean François Julien, Christian Kerbiriou, Cécile Larivière, Grégoire Loïs, Catherine Longuet, Philippe Lustrat, Jean Pierre Lair, Jean-François Magne, Gilles Naudet, Nadine Nicolas, Christophe Parisot, Etienne Sarrazin, ainsi que les nombreux observateurs qui n’ont pu participer en 2006 faute de matériel disponible. Merci également au Conseil Général de Seine et Marne (notamment à Olivier Renault et Philippe Lorrens), qui a intégré ce protocole dans le cadre de l’observatoire de la biodiversité de Seine et Marne.

Sites 2006

 

Mise en oeuvre

En 2006, le Muséum National d’Histoire Naturelle (CERSP programme Vigie Nature) a pu équiper 10 équipes en matériel (détecteur + enregistreur), d’autres observateurs équipés avec leur matériel personnel ont pu rejoindre le projet, ce qui a permis de programmer 34 circuits. Sur ces 34 circuits, 30 ont réellement été réalisés (c’est à dire ont produit au moins un passage d’enregistrement exploitable) et 24 circuits ont été réalisés deux fois comme le protocole initial le prévoyait. 24 suivis ont concerné le protocole routier et 6 le protocole pédestre. Près de la moitié des sites en 2006 étaient situés en Ile de France en raison de la participation au projet d’Atlas de la Biodiversité en Seine et Marne, et de tests méthodologiques dans le Parc Naturel Régional de la haute vallée de Chevreuse.

Les espèces contactées

En 2006, nous avons contacté 13 espèces (soit 1/3 des espèces présentes en France) pour un total de 4416 individus (soit environ 12 000 cris enregistrés).

Notion d’individu dans le suivi.

Enfin, sur ce circuit en 2006, on note une relation positive assez nette entre l’abondance et l’écart type, c’est à dire que plus l’abondance est élevée (en moyenne sur un tronçon pour l’ensemble de la saison) plus les variations observées d’un passage à l’autre ont été importantes. Et inversement, là où les abondances étaient en moyenne les plus faibles, ont été observées les variations les plus faibles. Si ce type de structuration s’avère vérifié à plus large échelle, cette relation sera utile pour modéliser la puissance du programme. On pourra en effet inclure cette relation dans une modélisation de tendance de population et tester si l’on peu détecter des variations compte tenu de la structuration des données Cet aspect a commencé a être abordée au cours du stage de Caroline Blier .

Différences d’abondances entre les deux sessions

Le protocole prévoyant un minimum de deux passages par an, il a été également possible d’évaluer l’importance des variations pour chaque circuit entre le début et la fin de l’été. Le premier passage mi-Juin à mi-Juillet correspond pour plusieurs espèces à la période de mise bas/allaitement tandis que le deuxième passage mi-Août à Septembre correspond à la période ou les jeunes sont à l’envol. On s’attend donc, à priori, à contacter plus d’individus lors du deuxième passage. Le rapport entre les deux passages pourrait être utilisé comme un indice corrélé à la productivité de l’année.

Variation d'abondance des 4 principales espèces entre les deux passages

L’analyse faite sur les 24 circuits possédant les deux passages indique effectivement que le deuxième passage présente des abondances plus élevées. Cette différence entre les deux passages n’est cependant pas statistiquement significative pour la Sérotine commune et la Noctule de Leisler alors qu’elle l’est très nettement pour les Pipistrelles. Dans le cas des Pipistrelles les écarts sont considérables (+58% et +77%) et ne peuvent en aucun cas être expliqués uniquement par la production de jeunes. En effet les fécondités sont naturellement faibles (au mieux un petit par an), une augmentation de la population uniquement liée à la production de jeunes ne devrait donc pas dépasser les 30%. Une hypothèse peut alors être le déplacement de population entre ces deux périodes. Si cela est largement suspecté pour la Pipistrelle de Nathusius (reprise d’individus marqué sur de longues distances, activité migratoire en été), cela est relativement méconnu pour la pipistrelle commune.

Biblio

est une méthode d’interpolation, nous avons utilisé celle qui est développée dans l’extension Spatial Analyst du logiciel ArcView/ESRI. L’interpolation est la procédure qui consiste à estimer la valeur d’attribut pour des sites non échantillonnés situés à l’intérieur des limites définies par les positions de sites échantillonnés. L’interpolation repose sur un principe important en géographie appelé, l’auto-corrélation spatiale. Selon ce principe, des objets rapprochés dans l’espace tendent à posséder des caractéristiques similaires. Le Krigeage est une méthode locale : Les valeurs inconnues sont estimées à partir d’un voisinage de points échantillonnés. Par rapport à d’autres méthodes d’interpolation le krigeage se distingue par ses caractéristiques d’estimation non-biaisée et le calcul d’erreur d’estimation associée. Chaque carte d’abondance relative prédite est donc à regarder en parallèle de celle de la carte des erreurs associées.

La représentation graphique de ces variations spatiales est une véritable carte d’abondance relative pour l’espèce considérée. La coloration sur les cartes représente l’augmentation de l’abondance relative, du clair au foncé. La coloration la plus claire n’implique pas une absence de l’espèce, mais une abondance relative négligeable par rapport à celle mesurée sur l’ensemble du territoire étudié.

Ainsi en Seine-et-Marne, les données issues du premier passage de la saison 2006 nous ont permis de réaliser à l’échelle du département des cartes d’abondance pour 3 espèces : la Pipistrelle commune, la Noctule de Leisler et la Sérotine commune.

Si les valeurs des erreurs varient sensiblement d’une espèce à l’autre elles présentent cependant un pattern très similaire. Ceci s’explique naturellement par le plan d’échantillonnage qui est identique : A proximité des sites échantillonnés les erreurs sont faibles cf. méthodo krigeage. Cette carte des erreurs nous à permis de réfléchir sur le plan d’échantillonnage en Seine et Marne et de proposer pour 2007 des circuits supplémentaires dans le but de diminuer les erreurs d’estimations sur certains secteurs.

 

A court terme on espère pouvoir étendre ce type d’analyse spatiale à d’autres territoires (départements, Parc Naturels Régionaux...etc) et à moyen terme à l’échelle de la France. Les comparaisons inter-annuelles devraient permettre aussi d’analyser l’évolution de ces variations spatiales d’abondances dans le temps. Les noyaux détectés seront ils les mêmes ? Enfin une perspective à moyen terme est également une meilleure compréhension de ces répartitions en croisant cartes d’abondances et couches d’informations géographiques relatives aux habitats et usages des sols.

la Pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus) D’importantes variations d’abondances de cette espèce ont été constatées (d’un facteur 10). Elle semble plus abondante dans le Sud du département, dans la région du bocage Gâtinais. Cependant, la partie Sud-Est semble mieux estimée que la partie Sud-Ouest où les erreurs associées sont plus importantes.

 

La Noctule de Leisler (Nyctalus leisleri) De même il a été possible dés la première année d’identifier des noyaux d’abondances de la Noctule de Leisler. Avec surprises ces noyaux correspondent aux premiers sites historiques de captures de l’espèce dans la région !

Carte d'adondance de la Noctule de Leisler

 

La Sérotine commune (Eptesicus serotinus) Les données pour cette espèce font apparaitre une plus forte abondance dans le secteur Sud Est.

 

Bilan 2006