Protocoles

Un suivi des chauves-souris sur leurs zones d’activités

Le protocole que nous avons développé repose sur l’écoute et l’enregistrement des ultrasons émis par les chauves-souris. Ces cris constituent en quelque sorte une signature acoustique propre à chaque espèce. Ils sont émis pour s’orienter et détecter les proies au cours des déplacements nocturnes et des activités de chasse. Les cris ultrasonores ont également des fonctions de communication et de reconnaissance entre individus. La frontières entre les ultrasons émis pour l’écholocation et ceux émis dans le cadre de la communication inter-individuelle est assez floue puisque par le simple fait d’émettre un cri d’écholocation, une chauve-souris se signale aux autres et les renseigne sur son identité, son activité et en particulier sur la disponibilité en proies. Cependant, d’une façon générale, les signaux de communication sont plus longs et plus complexes. La méthode retenue (enregistrement en expansion de temps) est basée sur une transformation des ultrasons en sons audibles par l’oreille humaine. Cette transformation conserve les caractéristiques sonores du signal original et permet une analyse informatique des sonagrammes (graphes qui permettent de visualiser un son). Cette approche permet de limiter les effets observateurs et, surtout, autorise des analyses rétrospectives. L’étude des chauves-souris est relativement récente et ces espèces restent encore assez méconnues : au début des années 90, on a ainsi découvert que la Pipistrelle commune, une des espèces les plus répandues d’Europe, regroupait en fait deux espèces jumelles, chacune utilisant une gamme de fréquence ultrasonore spécifique. Le protocole comporte deux versions : l’une en voiture, l’autre à pied.

 

Ce protocole a été utilisé dans les travaux de Baptiste Regnery, ancien doctorant du laboratoire afin de savoir si plus le nombre et la diversité de micro-habitats augmente dans une forêt, plus ils permettent aux oiseaux et aux chauve-souris de s'installer. Pour en savoir plus, lire sur le blog Laissez vieillir les arbres !