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Travaux basés sur les données de l'Opération Papillons (Observatoire des papillons des jardins)

L’analyse des données collectées par les observateurs a donné lieu à la publication d’articles dans des revues scientifiques.

Fleurs à papillons

L’opération Fleurs à papillons, proposée aux observateurs lors de l’été 2008, a permis de tester l’hypothèse suivante : le régime alimentaire des papillons pourrait-il expliquer leur présence en villes’ils profitent des fleurs ornementales qui y sont présentes ?

Cette opération proposait aux observateurs de photographier et d’identifier des papillons posés sur des fleurs et d’envoyer leurs photos au Muséum, afin d’étudier les préférences alimentaires des papillons. Près de 4 000 photos ont été envoyées de plus de 120 espèces de papillons et presque 300 espèces de plantes.

L’étude des photos récoltées, couplée à l’analyse des données de l’observatoire des papillons des jardins, a révélé des résultats inattendus : les espèces de papillons sont attirées différemment par les plantes exotiques (c’est-à-dire des plantes non originaires d’europe occidentale, en général des plantes ornementales) et par les plantes indigènes (plantes poussant naturellement en europe occidentale) : certaines espèces préfèrent nettement les plantes exotiques.

Il était attendu que les papillons amateurs de nectar de plantes exotiques soient plus nombreux en ville, zone riche en plantes ornementales. L’analyse de l’ensemble des données de l’observatoire montre qu’il n’en est rien : certains papillons préférant les plantes exotiques, comme le tabac d’espagne, le silène ou le citron et qui pourraient donc trouver une nourriture abondante en milieu urbain, font partie des espèces qui évitent les villes ! Au contraire, certains papillons parmi les plus tolérants à la ville comme le Brun du pélargonium ou le tircis préfèrent les pâquerettes au Buddleia (l’arbre à papillons, originaire d’asie du sud-est).

Ce n’est donc pas la disponibilité en ressources alimentaires pour les papillons adultes qui gouverne leur présence en ville. Cela ne semble également pas le cas pour les ressources alimentaires des chenilles, car la plupart des espèces étudiées ont des plantes hôtes pour les chenilles largement présentes en ville (orties, graminées, plantes de la famille du choux notamment). D’autres facteurs doivent donc être recherchés : l’hypothèse privilégiée est que la quantité d’habitat et les connexions entre ces habitats (possibilité pour un papillon de se déplacer) ne sont pas suffisantes en ville. les déplacements des papillons sont alors limités, ce qui empêche la persistance des espèces les plus sensibles. Autrement dit, la composition en papillons serait un bon indicateur du fonctionnement de la trame verte urbaine.

 

Parasitoïdes

Ce deuxième article n’est pas directement issu des données de l’Opération papillons (anciennement nommé observatoire des papillons des jardins) mais est basé sur la participation d’observateurs volontaires, recrutés parmi les participants en Ile-de-France.

L’opération avait pour but de comprendre la façon dont l’urbanisation peut influer sur l’abondance des papillons, à travers la présence de prédateurs. Le prédateur étudié est une guêpe parasitoïde, dont les larves tuent les chenilles de piérides.

Les volontaires ont reçu un plant de choux de Bruxelles, avec des chenilles de piérides, et l’ont disposé dans leur jardin, sur un gradient allant du coeur de Paris aux zones rurales de Seine-et-Marne. Ils ont ensuite suivi le développement des chenilles, ont recueilli celles qui mourraient et les ont envoyées au Muséum, les éventuelles larves de guêpes étaient identifiées.

Les données de l’Opération papillons montrent que les piérides sont peu sensibles à l’urbanisation. En revanche, il est apparu très clairement que l’abondance des prédateurs (les guêpes) était inversement proportionnelle au taux d’urbanisation : aucune guêpe n’a pondu dans les chenilles élevées au coeur de Paris. Ce résultat apporte un éclairage intéressant sur la façon dont l’urbanisation modifie la structure des communautés, en diminuant la pression de prédation.